Catégorie : provinciale
Région / Province : Phénicie
Cité : Berytus
Date : 218-222
Dénomination : -
Métal : AE
Poids : 7, 54
Diamètre : 25
Axis : 11
Avers : Buste d'Héliogabale lauré, drapé, cuirassé, dr.
Légende d’avers : IMP] CAES M AVR [ANTONINVS AVGRevers : Eshmoun nu au centre, tête dr., les épaules couvertes par une chlamyde dont un pan repose sur son bras g., debout entre deux serpents barbus, couronnés, dressés à dr. et à g., tenant un objet indéterminé dans la main dr.
Légende de revers : [COL IVL AVG FEL] ; à l'exergue BER
Références : Cohen, - ; Rouvier, JIAN, III, 1900, 583 (Dionysos) ; SNG Cop. 120 ; BMC 216-219 ; Lindgren-Kovacs, II. Asia Minor and Levant, 2270 (cet exemplaire)
Etat : F
Origine : D. Spangler (eBay), ex Lindgren
Commentaire : Module ovale. L'exemplaire, présenté comme l' "exemplaire Lindgren", est usé, mais encore très acceptable.
Head (p. 791) parle à propos de cette pièce d' "Eschmoun-Asklepios", mais comme l'a expliqué Babelon ("Le dieu Eschmoun", CRAI, 48, 2, 1908, p. 231-239) le bronze de Beyrouth montre la forme authentiquement phénicienne du dieu qui se retrouve, mais cette fois-ci dans sa forme syncrétique, sur un aureus de Septime-Sévère en 207, figurant le temple du dieu à Carthage (Cohen 484 ; RIC IV, 1, 205) puisque dans ce cas Eschmoun est muni du bâton d'Esculape. Cette situation est d'autant plus curieuse qu'Eschmoun a été très tôt assimilé à Esculape, même en Phénicie.
Le revers montre la statue de culte telle qu'on devait la voir à Berytus où cette divinité orientale était honorée. Eschmoun était davantage relié à Sidon, mais il existe des témoignages l'associant à Berytus où se trouvait une "tombe d'Eschmoun". Damascius place dans cette région la légende du jeune chasseur Asclépios qui se serait émasculé pour échapper aux avances d'Astronoé et combine avec la légende d'Eschmoun-Esculape des éléments issus des légendes d'Adonis et d'Attis (Lipinski, Dieux, p. 160). Cette légende permet de comprendre l'attitude efféminée d'Eschmoun qui avait frappé Babelon. Cet Eschmoun est un Hippolyte-Attis qui exhibe peut-être dans cette pose le résultat de son sacrifice.
Il est par ailleurs possible que la différence de taille entre les deux serpents soit une façon d'indiquer qu'il y a un serpent mâle et un serpent femelle. Sur certains exemplaires on relève des traces d'ailes sur les serpents (BMC, 259).
Enfin il y a un lien entre Eschmoun et les bétyles ovoïdes (Lipinski, Dieux, p. 167-168) que l'on retrouve à Tyr et à Aigeai entourés par un serpent.

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